11éme Etape : Herbignac

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Ce matin du 11éme jour, je me réveille, un peu groggy, pourtant la nuit a été bonne, j'ai dormi comme un bébé, un sommeil sans coupure. J’ouvre ma tente, effectivement, il y a quelque chose d’anormal ce matin, la lumière n’est pas la même que les jours précédents, je vérifie l’heure au téléphone et je constate que ce n’est pas l’heure habituelle de mon réveil: Il est 08h30, tiens! comment  cela se  faisse ! Je vérifie, l’alarme du téléphone, effectivement, c’est normal, j’ai oublié de la régler hier soir. Pourquoi, j’ai oublié ? Je lisais, cela, je m’en souviens, la fatigue de la journée, aidant, j’ai dû m’endormir, sans rendre vraiment compte : Morphée, m’appelée et voilà et je l’ai suivie, elle était tellement douce cette sensation, que suis tombé dans ces bras. Je n’ai pas oublié que l’ alarme : la porte extérieure de la tente est restée ouverte, le livre se retrouve ce matin sous mon duvet et la lampe de camping  est allumée : Toute cette  accumulation d’ efforts depuis onze jours et les 250kms au compteur, il fallait bien que cela arrive, bon ce n ’est pas grave, en partant entre 9h00 et 09h30, il me restera dix heures pour parcourir les vingt kilomètres qui me séparent d’Herbignac, le camping qui me reçoit aujourd’hui, réceptionne  les  clients jusqu’ à vingt heures. Le temps ce matin, n’est pas encore fameux, il ne pleut pas, c’est déjà ça, la température à vue de nez doit être de l’ordre de 9°, ce qui voudrait dire que dans le courant de la journée cela ne devrait pas excéder 13-14°, très bonne chose pour la marche, pas de risque de déshydratation. Je vais prendre une douche, pour commencer, ce n’est pas dans mon habitude, je commence toujours par le petit déjeuner, mais ce matin, vu l’état du bonhomme, c’est comme ça ! mon estomac, va attendre pour une fois. Je commence par une eau bien chaude, presque brûlante, cela dégage une intense quantité de brouillard, les locaux  étant, ouverts à tous les vents et cela génère forcément un choc thermique. Je me frictionne  énergiquement  la tête, histoire de me bien me réveiller, je me passe plusieurs fois le jet d’eau chaude sur la nuque, c’est une habitude, même chez moi, je fais, cela me fait un bien fou,  une onde bienfaitrice me descend le long de la colonne vertébrale, je termine  par une petite minute à l’eau froide : Oui, oui ! eau froide, très vivifiant, un bon séchage maintenant et me voilà d’aplomb. A présent, je  peux prendre mon petit déjeuner tranquillement, au menu ce matin : petits pains grillés  « PASQUIER » beurre, café au lait, une barre de céréale et un café noir pour terminer. Ce qui me manque le plus le matin, c’est mon jus d’orange, mais ce n’est pas facile à conserver : La chaleur ambiante dans le sac, à stocker, cela prend  de la place et du  poids en superflus, donc j’ai fait l’impasse, tant pis on en mourra pas. Ma douche et mon petit déjeuner terminés, maintenant, j’entame, le rituel quotidien du campeur : A savoir : La vaisselle, une horreur, même à la maison, c’est une corvée dont,  je me passerai bien ; le démontage de la tente, le pliage de celle-ci ; le rangement des sacs, très important, bien respecter l’ordre et le sac ou doit être disposées les sacoches de rangement, je dois en avoir  neuf, des sacoches décathlon étiquetées: Sacoche contenant  la trousse à pharmacie, sacoche contenant  la trousse de toilette, sacoche,  pour l’alimentaire(2), sacoches vestimentaires(4)( slips, chaussettes, maillots, shorts, pantalon, pluie) et une sacoche ‘ dépannage’ ( accus de rechange, multiprise, chargeur téléphone et appareil photos, fil pour cordeau à linge et embouts pour bâton de marche),  sinon c’est le bordel à l’étape, ensuite, la mise du harnais et pour terminer la vérification de mon gilet, très important, j’ai toujours la hantise, d’ avoir perdu ou oublié quelque chose, j’inspecte systématiquement toutes mes poches, depuis la mésaventure de La Chapelle aux Fitzméens (téléphone, GPS « Garmin etrex 30 », appareil photos, couteau  sifflet « Opinel »( très précieux le sifflet), mon carnet de route , mes papiers( cartes bleues, carte d’ identité, carte vitale, carte se sécurité sociale européenne ( Espagne)) que je mets dans ma boite étanche( achetée à Ploërmel ) et que je porte autour du cou, en permanence. Pour  les papiers, toujours les avoir sur soi, ne jamais s’ en séparer, les mettre dans le sac à dos, serait suicidaire, le risque zéro sur le vol  n’est pas garanti sur un si long périple, dans les grands gîtes et en camping (surtout en bivouac), ma boite étanche ne me quitte jamais, même pour dormir, pourtant, j’ai sécurisé mon chariot et mes sacs à dos, j’ai fabriqué un verrouillage avec un câble de sécurité ordinateur, j’ attache l’ensemble, en passant dans les deux roues du chariot avec un cadenas de sécurité équipé d’ une alarme sonore qui ferait fuir Arsène Lupin en personne, tellement elle est stridente, et forte, un mouvement infime du chariot et fatal au voleur, je l’ai testé, c’ est vraiment  efficace et convainquant,  à voir en réalité.

 

Une fois terminer ma check-list, je décolle du camping, direction  le barrage d’Arzal, passage obligé sur la Vilaine, pour rejoindre, Herbignac, terme de mon étape aujourd'hui. Je décide repasser par Muzillac, les paysages  me semblent  plus beaux, que le chemin construit au départ, on verra bien! passé Muzillac, sorti du bourg, juste après le rond, je bifurque à gauche, je quitte la D5, et  je prends à gauche le chemin C301, direction le Moussoir, cent mètres plus loin, en plein virage, je tombe en admiration devant un magnifique calvaire, le plus imposant que j’ai vu jusqu’ à présent. Cet imposant calvaire est  adossé à une colline boisée, celui-ci, surplombe  l’intersection du  C301 et un chemin sans nom, je n’ai pas vu d’indication.  Un escalier conduit à une plate-forme, qu'entoure une balustrade de pierre. Une croix de bois, placée sur un socle en forme d'autel, porte un christ en fonte magnifique, l’expression du visage est sidérante de naturel. Le plus inquiétant pour la survie d'un tel monument, c’est que celui-ci est à l 'abandon, une misère de plus sur mon parcours, c’ est impensable de laissé un tel monument en si piteux état,  je prendrai de ces nouvelles via internet, en rentrant à la maison , je prends quelques photos et  tristement, je reprends mon chemin, quelques kilomètres plus loin, arrivant sur le plateau, parvient à  mon oreille de gauche, c' est celle qui entend le mieux, la droite est un peu sourde! un ronronnement de plus en plus hurleur, au fur et à mesure de mon avancée. Quel peut être ce bruit ? : Un tracteur, un engin de chantier quelconque, travaillant à proximité de la voie communale, que j’emprunte. Puis, au détour d’une haie à ma gauche, qui disparait à présent, je vois apparaitre dans mon champ de vision, une éolienne, un monstre de métal, horrible, moi j’appelle cela « Hachoir à oiseaux »,  je suis maintenant à une petite centaine de mètres, le bruit devient quasiment assourdissant, un bruissement saccadé  dû au frottement de l’air sur les pales et répété au moins cinquante fois à la minute, je me demande comment les oiseaux qui se reposent ou dorment dans l'environnement de ces éoliennes, peuvent faire, moi déjà le fait de traverser ce champ éolien, me gêne considérablement, mais comment font-ils ? Ils ont des boules "QUIESS". Je m’arrête plus loin devant un panneau explicatif, décrivant ce parc : Il est composé de 6 éoliennes de 1.67MW, d’une hauteur de mats de 70m et un diamètre de pales de 80m. Vraiment colossaux, ces machins plantés là, dans la nature, cela défigure horriblement le paysage, je ne comprends pas les écolos. Autre incompréhension, la surface au sol sacrifiée pour l’implantation de celles-ci : Une éolienne pour avoir un rendement optimum (qui n’est pas de 100% à la base) doit avoir un champ libre de 8 hectares, minimum, ce qui veut dire à  l’équivalent d’une centrale nucléaire de 5200MW( type Cattenom en Moselle),  faut sacrifier 870 éoliennes soit: 75 kilomètres carrés, pour moi  c'est impensable. Question : On décide de fermer toutes les centrales nucléaires, il faudrait recouvrir, combien de départements français? Bon on continue, il  me  reste encore  cinq éoliennes à traverser, une horreur pour mes tympans. J’en profite pour, tester mes boules quiess, je ne sais pas combien la traversée du champ éolien à durer, mais me voilà hors de portée maintenant des « Moulins de Coët Surho», fini ce bruit de m…e ! Maintenant, j’arrive dans des paysages plus accueillants, exemple un passage du lieudit de Bougerelle, cette superbe maison bretonne, en pierre, située en bord de route, au toit de chaume, ses ouvertures peintes de bleu breton et ces fleurs «Rhododendrons», je pense? posées là au pied et sur toute sa longueur de la maison, en passant, je dis bonjour à une dame s’occupant  des fleurs, je lui fais un signe d’admiration de la main. Je passe maintenant le hameau de Coscat, voilà maintenant que  la pluie s’invite, je mets mon poncho, en marchant, je l’ai toujours à portée de main au-dessus du sac roulant, les guêtres, on verra plus tard, à l’arrêt de  ce midi, c’est vrai avec cette pluie, il va falloir que je trouve un endroit abrité. Arzal est en vue maintenant  je dois prendre du pain pour le déjeuner, j’espère que les magasins vont être ouverts à 13h00 13h15, heure prévue de mon arrivée. 13h20, je rentre dans le bourg, la boulangerie sur la place est fermée, le bar aussi, ainsi que l’épicerie. Je vérifie la date du jour sur mon portable: Encore fait avoir le Jojo ! On est le 08/05 : Jour férié, pas de pain ce midi, amateur, va!  J'emprunte, par hasard, on ne sait jamais! une rue adjacente à la place, je passe devant une pizzeria  « le moulin à Pizzas », celle-ci est ouverte, je m’y risque, avec un peu de chance, ils auront un morceau de pain à me donner ou à vendre, je vais leur demander : Une jeune  femme est présente à la caisse, je lui demande, si par chance, elle aurait du pain , elle regarde ce qui lui reste en cuisine et me propose  une demie baquette, je lui dis : «Ok, je la prends, merci, combien je vous dois ? » « un euro, c’est bon! me répond- elle ». Je n 'est pas le choix, un euro la demie- baguette, mais bon j’ai faim, une boite de pâté sans pain cela ne nourrit pas son homme. Je prends mon pain et je retourne sur la place, m’installer dans l’abri bus en bois, aperçu en arrivant sur la place du village, déguster mon sandwich, mon café et quelques pâtes de fruit, dehors la pluie n’ arrête pas, mais s’intensifie quelque peu. Un peu requinqué, et encore humide, je reprends ma route, passage du barrage de la Vilaine sous des trombes d’eau et le vent de travers (ouest), sortie du barrage, je suis lavé, rincé, on m’aurait mis dans une machine à laver, le résultat aurait été le même. Cela commence à bien faire, ce temps, le moral en prends un sacré coup, l’abandon n’est pas loin, encore une journée comme celle-ci et je dépose mes sacs à dos, foi « de pèlerin trempé ». Quelques kilomètres plus loin, j’aperçois le panneau «Loire Atlantique», voilà!  j’ai officiellement quitté la Bretagne pour les « Pays de la Loire », on verra plus tard que tout le monde n’est pas de cet avis. Des panneaux de contestation du projet de l’aéroport de notre dame de landes, apparaissent ici et là. Vu du marcheur, que je suis durant ce périple, ces paysages ne méritent pas d’être  lacérés par les pistes d’ un aéroport qui de surcroit, vue des opposants que l’on entend s’ exprimer ici et là, n’ a pas lieu d’être , voire toute cette  biodiversité, qui va encore disparaitre, sous des milliers de mètres cube de béton, de macadam, déversés dans cette nature, encore, au nom du bien-être et  surtout de « l’expansion économique » : dixit le maire(Mario David) du village dans la « La soupe au choux » , j 'aime bien cette scène, elle caricature bien notre monde d' aujourd’hui. Je rentre dans Herbignac, il est 17h00, je suis rincé dans les deux sens du terme, je vais pouvoir, faire un échange standard de ma tenue. Le camping du Ranrouët est situé juste à la sortie du bourg, à proximité de la D33, ma route de demain, je passe à l’accueil remplir les formalités habituelles, je prends un double expresso, en attendant, de me rendre à mon emplacement, je remarque au passage, le nombre incroyable de camping-car .Je m’installe, péniblement, sous quelques gouttes qui recommencent à tomber, même galère que l’étape de Theix. Ce soir encore raté, je pensais faire un tour en ville, mais vu l’état de fatigue et le temps, je vais en rester là, pour la marche à pied, aujourd’hui, ce sera « miammiam dodo ».

 

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