12éme Etape :Savenay

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     Encore un temps couvert ce matin, il ne pleut toujours pas. Ce matin pas de retard, à l’allumage, il est 06h30, le camping est désert, pas  de campeurs à l’horizon, je prends mon petit déjeuner, assis  sur la bâche de protection, près de ma tente, adossé à l’arbre situé au beau milieu de mon emplacement, je regarde mon pied gauche, l’ampoule, malgré, l’humidité d’ hier, n’est pas réapparue, elle est même en bonne voie de guérison, je remets quand même une "compeed", par, sécurité, vaut prévenir que guérir. Je remballe le tout pour la neuvième fois depuis le Mont Saint Michel, un vrai pro! le Jojo.

    Je passe à l’accueil, je salue les gérants du camping, et je prends la direction de Savenay, deuxième phase importante sur mon parcours : L'Hommage aux Vendéens tombés et massacrés à Savenay le 23 décembre 1793 lors des guerres de Vendée.

     Je m’engage sur  la D33. Depuis mon départ du Mont Saint Michel, j’ai, beaucoup emprunté les départementales, les chemins communaux, très peu  de sentiers type GR : Cinq ou six kilomètres, sur l’étape du Creux, une vingtaine de kilomètres sur pistes vertes : La voie verte, de Mauron à Ville Rehel (Ploermel) soit vingt kilomètres : Ce n’est y vraiment pas beaucoup, le ratio, doit être de 10%, il vrai que le chemin que j’emprunte, n’est pas conventionnel. Lors de la préparation de mon itinéraire, le Mont Saint Michel-Nantes, je m’y attendais, sur les cartes IGN consultées et sur OpenRunner, logiciel de préparation d’itinéraires, rien ne m’indiquait, les GR et les pistes vertes, possibles sur l’itinéraire emprunté, il y en avait, mais ce n’était pas ma direction. Quoi, qu’il en soit, ce n’est pas non plus triste à mourir, les paysages, ne sont pas dénués de charmes, c’est autre chose ! La suite, après Nantes, s’avère meilleures, allez ! encore deux étapes routières et je serais dans le bain du vrai chemin de St Jacques. 

   Je  perds de vue maintenant, Herbignac, je traverse les marais de Brière, direction Crossac, passage de  La chapelle des Marais, de Saint Reine de Bretagne, de bien jolis noms pour de biens beaux villages. Pour les paysages de marais, je m’attendais à autre chose, je pensais voir des canaux des rivières et des fossés à perte de vue, j’ai découvert autre chose, tout est masqué, vu de la route que j’emprunte, par des haies, des bosquets, non entretenus, il y reste  beaucoup d’arbres morts  à terre, certainement des vestiges malheureux de la tempête de 99. Les seules choses de visibles, sont de vastes champs de maïs, il y en a vraiment beaucoup,  quelques fossés longeant la route et quelques étendues d’eaux saumâtres, presque noires ici et là, je m’attendais à autre chose, un peu déçu, peut-être, est-ce plus  beau vu des chemins de l’intérieur, à découvrir, une prochaine fois. Arrêt déjeuné, pipi et ravitaillement  en eau, à l’arrêt de bus de Crossac. Une demi-heure de pause, ensuite, Besne, qui devait être, une étape sur mon plan de route, mais pour me garantir deux jours d’arrêt à Savenay, je rallonge mon étape de quatorze kilomètres, un peu barge quand même, le Jojo ! Jusqu’ à Prinquiau, pas de soucis majeurs, la véritable galère commence sortie Prinquiau au changement de cap D100<-> D771 « la route des basses Landes », ce, n’est pas s’en rappelé le long chemin lors de l’étape de Theix, Muzillac et ces quatorze kilomètres de lignes droites, là idem on recommence, moins long, mais, sept kilomètres en fin d’étape, c’est très long et  très usant pour le psychique. Ces trente bornes commencent à se ressentir sur l’état de mes pieds, échauffement intense de la voute plantaire et le côté gauche de mon petit orteil pied gauche, plusieurs arrêts, « Pauses-Pieds »,  trois, je crois, vont être nécessaires pour rejoindre Savenay, ça chauffe dur ! massages obligatoires. Durant cette étape, j’ai englouti, toutes mes réserves d’eau, (4 litres) ainsi que les soixante-dix centilitres de café, il ne faisait pas particulièrement chaud, même un peu frais, je dirais. Il y a fort à parier que cette étape va laisser des traces sur mon organisme pour la suite du périple. Je passe auprès de l’abbaye de Notre Dame de la Blanche Couronne à quelques kilomètres de Savenay, malgré la fatigue de mon organisme, je ressens le besoin de m’y rendre, cela me fais parcourir encore un bon kilomètre aller et retour. C’est très important cette visite, cela appartient à notre passé, pas très reluisant! mais, cela  fait partie intégrante de notre patrimoine historique, que tous les historiens officiels de la république, nous ont cachés l’existence, au nom de cette belle République ??? que l’on connait aujourd’hui. Cette Abbaye à recueillie des Vendéens pourchassés, lors de la Bataille de Savenay le 23/12/1793, je dirais même du massacre des vendéens, par les Bleus républicains avec l’aval de notre bon et respecté Robespierre. Je prends, quelques photos, pour immortaliser l’instant et je reprends ma route, qui me conduit au Camping du lac de Savenay, un cadre idyllique, posé sur le flanc d’une colline avec une vue sur le Lac, vraiment magnifique, je vais m’installer ici pour deux jours, cela va me faire le plus grand bien, dommage que le temps ne sois pas de la partie, encore une fois.

Après avoir rempli les formalités administratives de mon hébergement, je m’installe sur mon emplacement situé sur la partie haute du camping, à l’écart des voies de circulation juste à côté des commodités (sanitaires et toilettes), très bien. Je descends ensuite au bord du lac, avec le soleil couchant, c’est féerique, cette lumière qui vient lécher les eaux, calmes du lac. Je décide donc, de dîner ici ce soir, sur une table en bois massif, face au lac, malgré la fraicheur de l’air ambiant, bien couvert cela devrait le faire, je remonte chercher mon matériel et ma nourriture nécessaire, vers 20h, je suis de retour, j’ai mis ma polaire, pour affronter la fraicheur ambiante, maintenant,  je peux dîner en amoureux avec cet environnement très reposant et merveilleux. Imaginez-vous, sans télé, sans radio, sans presse, aucunes mauvaises, aucunes bonnes nouvelles ne vous parviennent, sans toucher un volant ou un guidon, tout ce que vis depuis douze jours, c’est l’extase, cela n’a pas de prix. Pourquoi faire des milliers de kilomètres pour se dépayser l’esprit, alors que l’ on peut avoir tout cela à portée de « marche à pied », chez nous, en France, moi cela me suffit amplement. Ce sont des moments simples, absolument magiques, comme cette soirée en solitaire au bord de l’eau qui font l’intérêt de ce périple, je garderai  cette soirée, comme les précédentes et celles à venir, avec plus moins de degrés émotionnels, quand on a vécu cela, c’est certains, je repartirai, en solitaire, à plusieurs, ce n 'es pas mon truc, la méditation, ne peut se faire qu' en solitaire.

Je termine mon diner, avec un café dégusté les pieds dans l’eau froide du lac, au soleil couchant, un bon réconfort pour mes petits petons meurtris, par cette journée marathon : 38kms au compteur.

21h10, il est temps de retourner  dans mes pénates, me plonger dans mon duvet, bien chaud, il faut que je sois en forme pour ma journée de demain qui s’annonce émouvante et belle, quelque- soit le temps.

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