13eme Etape : Coueron

Etape: Savenay - Couëron

          Bonjour, aujourd’hui, 13éme étape, il est 06h30, hé ! oui, je suis dans l’obligation de me lever à cette heure, si, je ne veux pas partir trop tard, j’ai une grosse étape aujourd’hui, si je ne m’étais pas écouté hier ;  la fainéantise ayant pris le dessus ; la vaisselle du diner, serait faite ;  la douche serait prise, ce qui fait tout de suite une bonne demi-heure de perdue en sommeil, ajouter à cela,  le nettoyage et  le séchage, de la tente et de la bâche, avec toute cette eau qui a stagnée, au soleil pendant toute la journée d’hier, mélangée à  la terre et l’herbe transportées par les chaussures, cela fait une belle mélasse, je  crois que je vais m’amuser, toute à l’heure : je n’ai pas de jet , toute à la main et à la brosse.

          Le réveil a été correct, aucune fatigue ressentie, je suis bien, je pensais au  pire hier soir, vu la longue et belle journée ; vingt-cinq kilomètres au compteur ; pour une journée, sois disant de repos. Je commence par le nettoyage de ma personne, qui me prend, une petite demi-heure, vient ensuite le démontage et nettoyage de la tente et de la bâche de protection (tapis de sol), je mets le tout, la tente et le tapis sur le sol d’entrée des sanitaires(en carrelage), à cette heure matinale, il n’y a personne de levé  j’en profite : une bonne demi-heure à frotter et essuyer, le plus gros, ce n’ est pas parfait, pour remballer, mais cela ira , je vais laisser sécher,  le temps du petit déjeuner, je les ramasserai, juste avant le départ.

         Le camping se réveille doucement, quelques touristes se détendent sur le seuil de leurs terrasses, je salue mon voisin, une petite boule chauve immatriculé dans le 87 (pas lui sa voiture), son véhicule Scénic. J’entame la vaisselle du jour, plus celle laissée hier soir,  je vérifie en passant l’état de la bâche et de la tente, cela devrait aller pour le rangement. 08H15- 20, arrive, je range tout mon matos, la tente ce n’est pas tout à fait cela, mais ça ira.

         Le temps ne s’annonce pas trop mal aujourd’hui, au moins à cette heure, quelques nuages menaçants, mais, il y a du vent, cela devrait éviter la pluie, c’est du moins ce que l’on dit chez nous en Normandie « quand il y a du vent, il ne va pas pleuvoir » d’ où mon optimisme.

         Il est neuf heure moins vingt, quand  je quitte le camping, passage par l’accueil, il n’y a personne, j’aurai bien aimé saluer la personne qui m’a reçu l’avant-veille,  tant pis ! Direction maintenant Couëron, ce sera du camping sauvage, ce soir, j’espère au bord du lac de Beaulieu, il parait, que c’est un lieu auvage.

        Une averse me tombe dessus par surprise, je ne l’avais pas vu venir celle-la, en entrant dans Bouée, comme quoi, mon optimisme, m’a fait défaut. Des marais  parsemés ici et là agrémentent  mon parcours, des paysages de bocages verdoyants d’où s’échappent de temps en temps, des envols de hérons effrayés par mon passage et puis un arrêt obligatoire s’ impose, suite à la deuxième averse surprise de la matinée , j’enfile mon poncho, je reprends ainsi ma route, jusqu’à Cordemais. Pluie, belles éclaircies (giboulées de mai),se succèdent ainsi jusqu’ à Cordemais. Je m’arrête à Cordemais, je trouve en entrant dans le bourg, place de l’église, ma boulangerie quotidienne, jusqu’ à présent, hormis Plouasne, j’ai toujours eu mon pain quotidien ; je me prends un pain au raisin ;  un pain au chocolat et ma demi-baguette, je demande à la serveuse ou je pourrai me trouver un café : « Plus loin à vingt mètres à droite » je la remercie, je récupère mon chariot, que je traine d’ une main, jusqu’ au café, je le pose à l’entrée, en retrait du passage, je le sécurise avec mon câble et cadenas de sécurité, je me défais du poncho que je plie et cache dans l’interstice sac et chariot, je garde avec moi mon autre sac à dos. Je rentre : Stupeur ! le bar est  bondé, les deux ou trois dizaines de clients sont entassés, à l’intérieur, on se croirait dans une rame de métro à Paris, aux heures d' affluence, je me tasse, dans le coin du bar, à côté de la caisse du tabac, pas loin de l’entrée, je pose et coince mon sac entre mes jambes, histoire de moins gêner possible ! J’attends la « serveuse-patronne », qui est  justement occupée au tabac, je lui commande en passant, un grand crème, que  je lui paie aussitôt, je veux être tranquille au moment du départ, je perdrai le moins de temps, on ne sait jamais ! Je mange, mon pain au chocolat, les coudes plaqués sur les côtes, comme dans une boite à sardines : infernal !  idem pour boire mon café, «je n’ai pas choisi l’emplacement idéal », je suis dans le passage, je suis bousculé de temps en temps, sans, le moindre «  pardon monsieur ». Boire mon café, c’est comme attendre à un stop, je jette un œil à gauche, un œil à droite : Personne,  je bois ; un client  entre ou sort : J’arrête et ainsi de suite. Je fini cahin-caha ma conso,  je quitte prestement ce lieu d’enfer. Ouf !  je reprends ma route plein sud, une curiosité du coin m’attend  « la maison phare », trois kilomètres de détour, est ce que cela en vaut la peine ?, je verrai bien, de mes propres yeux.

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  Arrivé sur place, face à moi un haut  tube blanc : 12-15m, au pif et cerclée de rouge  une maison est posée, je dirai même, scotchée dessus. Oui c’est original !  En bord de Loire, comme cela, on dirait une balise égarée sur le rivage, jetée la par les flots de la Loire en crue, je n’en ferais pas un hébergement pour un séjour de vacances, encore moins, mon logis principal, en sus, située, à quelques 2kms, à l’est, se tiens la centrale thermique  de Cordemais, bonjour. Après ce bref intermède, touristique, je reprends mon chemin, sans prendre de photo « Dommage »ne retrouvant pas mes accus de rechange. Tant pis, j’en trouverai bien une sur internet, pour compléter mon blog « Un peu  de tricherie, quand même ! » ( 2 Pater, un Avé, comme pénitence).

         Partie, la plus agréable de la journée, le  passage dans les marais en bord en Loire, traversée de lieu-dit, aux doux noms littéraires : Cavalnais,  la rue Simon, la Peille, l’Agne, la Cochinais, la rue Blanche, la Gicquelais.  La Gicquelais, souvenir qui restera mémorable. Je revois cette scène tout à fait sortie d’un film comique de  tel la soupe aux choux ( vous allez comprendre plus loin ).

         Arrêt en catastrophe pour deux choses ; primo, la plus importante :  un besoin très pressant, vraiment  très pressant ! ça pousse dur derrière, l’arrêt au stand et primordial ; deuzio : une  grosse et  énième averse de la journée, s’approche furtivement  dans mon dos, de lourds nuages  noirs, signe d’un grain éminent, avancent, un mur d’eau masque maintenant l’horizon et s’approche, lentement, mais surement, il est vraiment temps de trouver un abri, un coin tranquille. Visant, à quelques mètres  de moi sur ma droite, dans un champ, un abri en tôle, voilà ce qu’il me faut, mais comment y accéder, le miracle se produit, soudain, devant moi, j’entrevoie, un chemin de terre défoncé, je presse le pas, en serrant les fesses, il est grandement temps que je m’arrête, le moindre relâchement peut- être fatal, je m’y engage, j’anticipe,  je détache  prestement mon chariot : Le bol !  il débouche dans le champ de l’abri, aperçu de la route. Ouverture facile de la  barrière, heureusement, je gagne un temps précieux, simplement maintenue par de la ficelle de botteleuse, elle pose aucun problème, je parcours à la va- vite, la dizaine de mètres, qui me sépare du petit bâtiment, arrivé sur place, je lâche mon chariot en catastrophe,  je me défais de tout mon attirail, que je jette à terre sans faire attention, pas le temps de le ranger sous abri, je me précipite derrière, j’affale le pantalon et le boxer, il était temps !  Je m’adosse sur la cloison en tôle pour ne pas perdre l’équilibre, je sors mon papier toilette de ma poche intérieure de ma veste (toujours avoir du papier toilette sur soi, une règle d’or) .Un râle de bonheur, m’échappe, quel bien ! heureusement,  que personne, n’est dans les environs proche du déchargement, le bruit, messieurs dames et l’odeur !

         Bon, voilà une bonne chose de faite, je me sens plus léger, maintenant, les gouttes de pluie se font entendre  de plus en plus denses, sur les tôles, il est grand temps de  se mettre à l’abri et casser une petite croute, maintenant qu’il y a de la place. 

        Cet abri qui doit faire,  à vue de nez 6mX4m,récent au vu des tôles neuves est destiné à la nourriture du bétail, du foin est entreposé dans un râtelier  au fond et sur toute la longueur  et un grand bac en bois pouvant contenir plusieurs bottes de foin(ou paille), trône au milieu du bâtiment. Je rentre mon équipement, qui traine encore dehors, je dépose mon sac à dos et  mon nécessaire  de cuisine, sur le bac à foin et je m’assieds  à côté, avec la pluie pour témoin. Je  me prépare  mon casse-croute, avec la demi-baguette de ce matin, que je tartine abondamment de pâté de jambon Henaff  80grammes ( la boite complète), oui ! oui ! j’aime bien, cela doit faire ! en treize étapes  la trois ou quatrième boite ; de ce que j’ai lu, sur les différents forums, c’ est le pâté préféré des randonneurs( non musulmans), aussi, celui qui se conserve le mieux ;  avec des cornichons (que je n’ai pas durant mon périple) , un régal !, « là, je fais sans », une pomme, des fruits secs, un café du thermos et l’affaire est jouée. Je m’allonge, un chouia, dans le bac à foin adossé à mon sac à dos, histoire de me relaxer et détendre ma colonne vertébrale. Des rayons de soleil transpercent des nuages, dérivant vers l’est, signe d’éclaircie ?  je jette un coup d’œil vers l’ouest, pas de gros nuages  en vue,  je remballe le tout vite fait. Avec cette affaire, j’ai pris du retard. Je quitte La Gicquelais , pour  La Blandinerie , s’ensuit  le Douet- Renard, Saint Thomas, passage devant la petite chapelle privée du château du même nom, j’enfile, la Marquellerais, le Chatelet, le Patras, le gendre Moreau, la route des Pèlerins, l’étang Bernard ( je n’y ai pas vu d’ étang), je vire à bâbord direction la Goultiere: Fin du slalom  touristique dans les marais ; un vrai régal, cette partie du parcours; vraiment cela à passer à la vitesse de la lumière. Je vire  à tribord, j’emprunte la D17 sur 300 mètres ; bref retour à la réalité, je revois des voitures apparaître en nombre, qui me frôlent par ma droite, je prends la berne au maximum, pour éviter tout risque d’ être percuté, alors que précédemment j’ai dû en croiser 4 ou 5 en 18 kilomètres, et je reprends soulagé, d’ être passé sans encombre, à gauche, la Pintière , je retourne à droite, après 100 mètres, je m’engage dans la rue Froide, l’Erdurière, maintenant, les Renards, la Noé Huette, la Marjortiere, puis sur 200metres, un chemin de terre me conduis, sur la  route du Champ de Pies. Me voici  à quelques hectomètres du lac de Baulieu.

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 Pensant  trouver une aire de repos sur le pourtour du lac, avec pourquoi pas, une buvette,  pour le  réconfort  du jour et  les sanitaires pour refaire l’appoint de ma réserve en eau, celle-ci étant très faible, à peu près 1.5 l pour la cuisine et le café de ce soir et  celui de demain matin. Après ce tour gratuit, retour à la case départ, force est de constaté : Rien vu de cela, le bourg de Couëron étant trop loin pour moi ce soir, j’abandonne ! Ce petit tour, me vaut, une  petite rallonge de  2 ou 3 kms en sus.

        Il doit être 19h30, il est  grand temps de me trouver mon petit coin, pour la nuit, je reviens donc  sur mes pas, je repasse devant les pécheurs de carpes, repérables à leurs tentes Kaki quasiment posées au bord de l’eau, qui à cette heure se reposent : ils pêchent la nuit, il parait!  Après deux cent mètres, je me pose à quelques encablures d’un pécheur,  une table de camping, à proximité, à l’ abri d’une haie. Je déballe le tout. La tente et la bâche de sol, sont étalées, sur l’herbe, au bord du lac, au soleil descendant, en attendant de les monter. J’installe mon réchaud, histoire de me faire un café,  je prends le risque de faire bouillir de l’eau du lac, je me dis «Que si les poissons vivent dedans, elle ne doit pas être si polluée que ça et puis ayant bouillie les microbes auront disparus » : Je suis encore là aujourd’hui tout va bien!  Mais, ce soir, suppression des nouilles chinoises prévues au menu, je vais garder  le peu d ‘eau  qui me reste, pour me laver les dents et le café de demain matin et aussi pouvoir, étancher ma soif avant de refaire ma réserve, demain. Au menu, ce soir ce sera donc un cassoulet en boite, des sardines et vache kiri. En attendant, mon diner, je prends quand même mon café, les doigts de pieds en éventail sur le banc. Un couple m’aborde, des retraités, qui  ont fait une partie de Saint Jacques, en partance du Puy en Velay et  ont abandonnés, suite à une blessure de madame, ils sont du coin. A cet instant, franchement, je n’ avais aucune envie de parler, j’aurai aimé être tranquille. Lui une tchatche d’enfer, un moulin  à parole, mais je ne pouvais pas l’envoyer  balader, par politesse. Je voyais  bien  que sa femme était un peu gênée et aussi  surtout frigorifiée : c’est vrai que le vent s’est levé et a  bien rafraichi, l’atmosphère. Il continue !, continue !  personne ne peut l'arrêter, On aurait dit, qu’ il était alimenté avec des piles «  Duracell », j’aurai bien aimé les trouver et lui enlever ? Tout y ai passé : son chemin ; les personnes rencontrées ; leurs galères et  il enchaine maintenant, sur le chemin que dois prendre pour rejoindre Nantes : «  Le plus court, c’est de prendre le bac à Basse-Indre, vous passez par ici, par-là, vous prenez à droite derrière la cheminée untel, vous allez gagner, une dizaine de kilomètres ».Pour lui faire plaisir, je lui  dis, que je vais suivre ses conseils :  « On verra dans l’étape de demain la galère », au bout de la demi-heure, sa femme pétrifiée par le froid, lui fait signe avec une tape sur le bras, qu’il serait peut-être le temps de rentrer. Je les salue tous les deux et ouf ! j’ai pu terminer mon café,  puis ensuite,  poser la tente, sous l’arbre à proximité de la table, j’aime bien les arbres, je sens comme une ombre protectrice, une force invisible, c’est psycho ! et comme dirait Brassens « Auprès de mon arbre, je vivais heureux », cela se tient, n’est-ce pas !

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20H30, je prépare, sous le vent mon cassoulet, obligé de protéger le réchaud avec un carton récupéré au pied de la poubelle, sinon je crois que j’aurai été obligé de manger mon repas froid. 21h10, je termine mon repas et maintenant le soleil a complètement disparu derrière la colline bordant le lac, je bois mon deuxième café, en marchant le long de la rive, vraiment agréable, d’ entendre les canards s’ébattant sur l’eau, moins le croassement des corbeaux, survolant et cherchant aussi un endroit pour dormir, en espérant qu’ils le trouve avant mon sommeil,  je croise aussi des joggeurs tardifs, seuls ou en groupe : Quelle chance ont-ils ! Je finis ma soirée, par la vaisselle du soir, au bord du lac, avec toute cette eau pas souci, pas de produit vaisselle ; tout à l’eau douce, depuis le début du pèlerinage et je suis encore là. Il fait quasiment nuit, quand je range ma vaisselle dans le compartiment de la tente prévu à cet effet,  je range  le chariot et mon sac, entre la tente et la haie, à l’ abri des regards, je sécurise  le tout à mon arbre protecteur, d’un soir. Une petite heure de lecture, toujours le même livre « Sous son regard, tout au long de nos jours », un recueil de prières, cela fait du bien de temps en temps, les yeux se fermant tout seuls, sans mon avis, je dépose le livre à mes côtés et je m’ enfouis dans mon sac. La tranquillité sera interrompue quelques instants plus tard, par le bruit d’un train, passant au lointain, emporté par le vent celui-ci m’arriva, tranquillement aux oreilles, je n’avais pas prêté attention jusqu’‘à présent, maintenant, du fait du silence régnant, c’est plus audible. Je saute sur ma boite de boules « Quiess » et hop dans les oreilles, on ferme les écoutilles et  Hummmmmm ! de nouveau le silence, se fait entendre, et après, plus rien, Jojo passe aux abonnés absents.

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