1ere Etape:Trans la Forêt

Mont Saint Michel - Trans-la-Fôret

 

            08h45 : Je suis sur le parvis à l’entrée du Mont .Début du périple, j'y suis, l’angoisse des jours précédents s’estompe, le vent ouest souffle en rafale sur la baie, il est  très frais c’est vrai que l’on est encore en avril ! Malgré les nuages bas, pas de pluie pour le départ, je me dis : « il ne manquerait plus que cela ».

          Je démarre, mon chemin, mes premiers pas ! Je me retourne, un petit coucou amical et symbolique de la main au Mont, direction, Trans la Forêt.  Pendant  les premiers kilomètres, je vérifie par reflexe mon harnachement, composés d’un sac à dos de quarante litres et d'un chariot de marque "Mottez»  transportant mon autre sac à dos de soixante-dix litres, l’attelage et le portage pesant, quand même, trente-quatre kilos.

       Bon, les pieds ça va, le dos ça va, le GPS fonctionne, j’ai mon téléphone portable, mon sac à dos bien équilibré, c’est bien. Trois quatre kilomètres plus loin, je commence à sentir les premières gouttes, il fallait bien, que cela arrive pour arroser mon départ. En vue de Pontorson, ce sont des trombes d'eau, qui s'abattent sur la ville et sur ce pauvre apprenti pèlerin, je me dis que le chemin cela commence plutôt mal ! Mais il faut positiver, cela porte bonheur : Départ pluvieux, pèlerinage heureux !  A cet instant, il faut que je m'arrête pour enfiler la tenue de pluie, composé de a veste d’une veste de voile étanche et du pantalon du même type, petit-quart heure plus tard, je reprends ma route, la pluie s'intensifie, j’aperçois au loin un pont de chemin de fer, je vais pouvoir me mettre à l’abri, peut-être que cela va s’atténuer, j’arrive à proximité et il y a déjà du monde, des ouvriers pris eux  aussi par ce déluge. Je fais halte, on entame le dialogue, ils me demandent ce que je fais harnaché de la sorte dans le coin, sous ce déluge ? Quel est mon but? Je leur explique que je pars pour Saint Jacques de Compostelle, un périple de 1700 kilomètres. Etonnement ! Stupéfaction ! Admiration ! Puis on se prend réciproquement en photo, pour immortaliser ce moment inédit, pour eux, comme pour moi.

       Quelques  vingt minutes plus tard, petite accalmie, on se dit au revoir et chacun repart vaquer à ses occupations.

       Première rencontre, et premiers souvenirs sur le chemin. Je me dis que cela commence plutôt bien. L'accalmie est de courte durée, il recommence à pleuvoir, il faut  vite retrouver un endroit pour s’abriter et pas de pont en vue ! Je trouve une entrée d’habitation avec des sapins en guise d’abri, j’ai les pieds mouillés malgré les chaussures en gore tex, je tremble de froid, je suis ffrifri gogo rii fiééé ! Je me sers déjà un café bien chaud, préparé de ce matin au Mont, cela me fait temporairement du bien. Transis de froid, je décide quand même de repartir, malgré la pluie qui persiste ; mouillé pour mouillé autant que j'avance et  je pense en voir d'autre durant ce périple.

       Au fil des kilomètres, toujours cette pluie froide d’avril et ce vent  d’ouest que je prends de côté maintenant. Dans ces moments- là je me pose la question : « Mais qu’est-ce que tu fous là Joël? ».  Arrivé au quinzième kilomètre, une éclaircie miraculeuse, un coin de ciel bleu apparait maintenant. Je m’arrête sous un hangar ouvert en bord de route  pour me  débarrasser mon équipement de pluie et de mes affaires trempées ; après avoir demandé l’autorisation aux propriétaires des lieux. Remis à sec, une Petite demi-heure plus tard, je reprends ma route, je consulte mon GPS, tiens! il me reste environ  que cinq kilomètres pour terminer ma première étape et sous le soleil qui plus est. Qui l’aurait dit?

       Une heure et quart plus tard, je touche au but. J’arrive dans la forêt de Villecartier, après avoir rôdé autour du lac,je tombe sur unImg 20140428 00981e aire de loisir sympa, petit coin agréable, avec vue sur le lac, équipé, d’un abri en bois, de toilettes, de plusieurs tables de pique-nique, de lavabos. Bien, je vais pouvoir faire sécher mes affaires et me reposer à l'abri, si jamais la pluie se réinvite dans la soirée. Profitant des derniers rayons de soleil, j étends mes affaires trempées, je m’assois face au lac, un petit instant de sérénité s’installe, quel bonheur!

            J’appelle ma femme, pour lui conter ma première journée, nous avons passé un bon-quart heure au téléphone, on se dit : «  bisous à demain ».

        Je sors mon carnet de route, prévu pour contenir mon journal quotidien, tout y sera inscrit, le moindre détail, la moindre péripétie, les rencontres, il faut que  rien ne soit perdu.

       Dix-huit heures arrive vite, la faim avec, il est vrai que depuis ce matin, je n’ai pas P1020350 copieravalé grand-chose : Un casse-croûte, une banane et quelques fruits secs, ce midi. Je prépare donc mon premier dîner : Une soupe chinoise, une boite de cassoulet,  le tout  terminé par un café. Journée bien remplie, je monte ma tente sous l’abri en bois, je reprends un café, je verrouille mon chariot avec l’antivol alarme et hop  au dodo.

       Vingt et une heure la pénombre s'installe sur la forêt, ma première nuit, cela surprend un peu, je ne suis pas trop serein ! Je tourne et retourne sous la tente, sans trouver le sommeil, malgré la fatigue, je regarde l’heure sur mon téléphone, il m’indique : 22h 30, j’ouvre ma tente, il fait nuit noire. Je suis surpris par ce noir profond et intense de la nuit et puis ce silence absolu et  pesant, entrecoupé d'ici delà de bruits d'animaux nocturnes, tel que les hululements lugubres des hiboux ou des chouettes et de temps en temps parviennent, des bruits de pas sur le tapis de feuilles, c'est fou comme on peut être attiré par tout cela!

 

              

 

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