6éme Etape:Le Creux(Plumelec)

Loyat - Le Creux ( Plumelec)

 

 

                      Encore une nuit agitée et ce matin au levé du sac de couchage, j’ai, mal de tête du tonnerre et  j’ai le dos en compote, c’est vrai, quand  y regardant de plus près le terrain ou je me suis installé est légèrement en pente. Pas vu hier soir. Dommage ! pour mon dos. 07H30, Bon, on se lève Jojo. 

                    Le petit déjeuner se prend  sur le banc, situé à quelques mètres de là. Profitant de ce banc, je fais quelques mouvements d’étirement afin de me dérouiller un peu le dos, idem pour les jambes, après cela, un  bon massage me ferait du bien, n’est-ce pas, mais, pas de masseuses à l’horizon, en plus à cette heure, mais bon il faut faire avec. Une demi-heure, plus tard, je suis  prêt. 

                   Top départ.  Direction Ploërmel, première partie d’étape. Sept kilomètres enchanteurs, on vient lécher la partie ouest de la forêt de Brocéliande: DP1020403 copiere nombreux passages ombragés sous des voutes de verdures ; Des passages sous d’anciens ponts centenaires ;  des petites falaises de granits sont flanquées ici et là  de part et d’autre de la voie, traces laissées lors du creusement  des collines ; la rivière Yvel qui coule langoureusement à ma gauche, une légère brume s’en élève de son lit ce matin quel bonheur !; Passage ensuite près du  ‘ Lac au duc’ des dizaines de pécheurs de carpes sont alignés ici et là le long de ses berges, attendant que  le poisson mordre, certains sont mêmes  équipés de bateaux et d’autres de tentes, quelques-uns me saluent amicalement lors de mon passage. 

                    A cette heure matinale, la voie est déserte, j’en profite pleinement. Ploërmel s’approche inexorablement, je m’arrête un instant pour me désaltérer, mon regard se tourne vers un pré ou paissent paisiblement des vaches « prim’ holstein », mon attention se porte sur une d’entre elle à l’écart, je remarque, qu’ elle  essaie de se lever, mais, n’ y arrive pas, malgré tous ces efforts elle reste posée sur le flanc, j’ observe mieux et je vois qu’elle a ventre énorme, j’en déduit quelle doit être prête à vêler, la pauvre !Une légère pente, la gêne dangereusement dans ses efforts, impossible de se lever, ses efforts semblent  vains et puis miracle, un quart heure vingt minutes plus tard, ouf ! La voilà enfin debout, je suis content et soulagé pour elle, pauvre bête !  

                   Voyant qu’elle est maintenant debout, je reprends ma route.11h00, arrivée à Ploërmel, direction la zone commerciale pour mon P1020406 copierravitaillement et trouver un poncho, car mon équipement de pluie composé d’une veste et d’un pantalon de voile, n’est pas vraiment adapté : trop lourd, long à mettre et pas adapté à l’effort : sudation intense, pas agréable du tout ! A renvoyer aussi, ce que je ferais avant de quitter Ploërmel ce matin. Je fais quelques achats chez Leclerc, je passe ensuite chez Intersport à côté, je trouve un poncho et une boite étanche que je m’accroche au cou, question de sécurité, pour y mettre mes différentes cartes (bancaire identité et vitale), direction le centre-ville, passage à la poste, l’office du tourisme, pour mon crédencial, une p’tite croute sur le pouce.  

                   Maintenant la deuxième  partie de l’étape : Direction Plumelec. Reprise de la voie verte là où je l’avais quittée. Je traverse Ploërmel, à « Ville Rehel »,  je bifurque à gauche sur le GR37b .Parcours chaotique sur cinq six kilomètres : Un exemple : Le passage du pont au lieu-dit « Moulin de Bezon » passage sur la rivière « Ninian » »Passage interdit » signale un panneau. Des grilles sur les deux rives obstruent les entrées. Je fais comment moi ? Je vais me renseigner auprès d’un  riverain  qui travaille dans son jardin à proximité, il doit avoir la solution : 

-       Bonjour, monsieur, on fait comment pour atteindre l’autre rive ? 

-       Le  pont est fermé à toute circulation : du piéton, au vélo et véhicules motorisés Il a été jugé en très mauvais état, au dernier conseil municipal.  

-       Il y a un autre passage possible? 

-       Oui, me dit-il, un peu plus  haut, à deux- trois kilomètres. 

-       Cela ne m’arrange pas, j’ai déjà pas mal de retard, à pied, c’est vraiment impossible, je peux essayer, quand, même, vous n’avez pas vu!

-       C’est interdit, à tout le monde, moi, il m’arrive de le prends pour aller  en face, si j’ai besoin. 

-       Donc, je  peux essayer. 

-       Si vous marchez bien sur les poutres d’acier, cela devrait y aller, bon, je vais vous aider à passer votre chariot et votre sac et après c’est votre problème. 

-       Bon, je prends le risque, merci quand même. 

                   Il m’aide à contre cœur, cela se voit, je le sens crispé, je passe en premier, par la partie basse de la grille, il m’aide à passer mon chariot, puis mon deuxième sac, par le même endroit, je m’engage et maintenant  sur le pont effectivement, je constate effectivement le très mauvais état du pont : Les traverses bois sont pourries, par endroit, elles sont absentes, je vois l’eau au- dessous de moi, les poutres métalliques sont-elles très entamées par la rouille. Maintenant que j’y suis, je n’en mène pas large. Quels risques, pour gagner quelques kilomètres sur un parcours de 1100 ! Malade le gars ! Je marche bien les poutres métalliques comme me la dit le monsieur. Par sécurité, je n’ai pas attelé mon, en cas de rupture quelconque de la structure du pont, je le laisserai chuter et pourrait peut-être me sauver moi ? Ouf, voilà enfin arrivé sur l’autre rive, maintenant, il faut que je me débrouille seul pour le passage de mon chariot et du sac, par-dessus l’autre grille, vingt kilos  et quatorze kilos à lever d’un mètre cinquante et les reposer de l’autre côté, je  flippe sérieux. Voilà c’est fait  je suis de l’autre côté, tout le monde est à bon port, je salue de la main,  le riverain pour son aide, et je reprends ma route. 

                    Pour compléter la journée : Erreur d’aiguillage au carrefour de « La ville Ménéa », je prends à droite au lieu de prendre à gauche, je suis obligé de descendre plein sud, jusqu’ à l’écluse de Blond et de remonter l’Oust via le chemin de halage jusqu’à ‘à la D174. Petite erreur qui me coûte une rallonge de six kilomètres : Encore et une de plus, il faut que je sois plus vigilant  à l’avenir.  Passage à  Quily sur son promontoire, bonne petite côte!  Je traverse le village et cela monte toujours, j’arrive au Haut Quily, par curiosité je consulte mon GPS, je constate: 135m d’altitude sur mon écran. Sortie, enfin ! Se dessine une petite descente, cela fait un bien fou. 

                     Je continue sur Lizio  des montées, encore des montées, que  des montées. Je me dis « Il n’y a jamais de descentes dans le coin, ce n’est pas possible ! » Un petit moment de détente dans cette galère aujourd’hui, un lieu insolite au lieu-dit « La ville StefanP1020411 copier » à trois kilomètres de Lizio : ‘’ L’univers de poète ferrailleur’’, sur la droite de la route un mobile gigantesque en ferraille de récup,  représentant un  avion des 1900, avec son pilote, nous avertit du lieu : «  cela vaut le détour ». 

                         Trêve de plaisanterie , il est 18h00,quand je rentre dans Lizio, je me dis que je n’atteindrai pas Plumelec ce soir , il doit rester dix kilomètres, je dois  rechercher un endroit pour la nuit, je continue sur trois kilomètres, je jette mon dévolu sur une voie sans issue , je rencontre une ferme en bout de voie, je demande au propriétaire du lieu, si je pouvais installer ici pour la nuit  dans le pré attenant, Il me réponds qu’il venait juste d’étendre du lisier :  

                   - Continuez la route sur 300 mètres, prenez le chemin qui rentre sur votre gauche dans le petit bois vous serez à l’ abri et loin de la route. 

                   - Bien merci et au revoir, j’arrive comme prévu dans le petit bois, un chemin praticable, je pénètre de deux à trois cent mètres dans le bois, j’arrive en lisière de celui-ci en bordure d’une petite rivière ‘ Le ruisseau de Callac’ 

                   Petit coin de paradis, le soleil couchant donnant un petit cachet  de carte postale à cet endroit, encore une nuit encore en camping sauvage, je commence bien à m’y faire ! Img 20140503 00999

                   J’installe la tente, le long du talus bordant le chemin. Le montage terminé, je m’allonge sur  la bâche, servant de protection à la tente, Je ferme les yeux pour entendre le silence qui règne ici. Tout mon début de parcours défile devant moi: Mes six premières étapes et  déjà  145 kilomètres de parcourus. Sans problèmes physiques majeurs ; Mes rencontres ; Mes nuits en camping sauvage ; Ces paysages magnifiques, que l’on ne peut voir  d’une voiture. Franchement,  génial !  un petit morceau de liberté quoi ! Ne dépendre que de ses choix, je vais ou je veux et quand je veux, c’est moi qui décide, c’est moi qui gère mon temps : Inestimables moments ! Et je finis, ma rêverie en chantant : «  Non, rien de rien, non,  je ne regrette rien »

            Bon, maintenant, on prépare le dîner et au dodo, la nuit s’annonce bonne

 

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