9éme Etape: Theix

 

                Un crépitement sur le vasistas, me réveille soudainement, je me lève langoureusement, je vais  jeter un œil, il pleut il pleut bergère ! Pour mieux me rendre contre, je vais à la fenêtre du couloir, effectivement, il pleut dru, les allées sont recouvertes ici et là de flaques d’eau j’imagine donc : Que, cela doit faire un moment que ça tombe. Tant pis, il faudra faire avec les mauvaises  conditions aujourd’hui. Il ne peut pas faire beau tous les jours ! Je déjeune tranquillement, dans la cuisine, je termine par le nettoyage qui s’impose afin de laisser les lieux propres, je descends mon chariot, mon sac à dos, je ferme, le bâtiment et je vais remettre, les clefs au bedeau de service ce matin. Je regarde, mon téléphone, il est 08h00, il doit être à l’office religieux, j’en profite, pour  y assister, je lui remettrai les clés après la messe, il n’y a pas grand monde dans la basilique ce matin, c’est vrai, vu  ce temps de breton. Fin de l’office, je  lui remets les clefs, le remercie l’hospitalité du sanctuaire, et je dis au revoir à Ste Anne en me signant, direction Theix, passage par, Mériadec, Vannes. Ce soir Camping,  camping dans un vrai camping.

                   Sortie du sanctuaire, c’est un déluge qui s’abat maintenant. Je m’arrête à l’abri bus face à la mairie, je m’équipe en version pluie et repends ma route ainsi harnaché, je sors de la ville, je suis maintenant sur la D19, il y a de la circulation, ce matin, c’est très dangereux, avec une visibilité réduite à cause de cette pluie qui redouble violence, la vigilance est de rigueur, je vais me mettre au plus près de la berne quitte, parfois, dans les virages  de marcher dessus. Il y a vraiment beaucoup de circulation, j’aurai du travailler un peu plus sur un autre itinéraire.

                   Peu avant Mériadec, passage devant la magnifique chapelle « St Roch », à cette heure, elle est fermée aux visites, dommage!  J’aurai  bien aimé me mettre à l’abri un instant, mais tant pis! Je continue mon chemin. J’arrive à  Mériadec, une zone de travaux me barre l’entrée du bourg, je ne vais certainement pas prendre la déviation comme indiquée et qui me rallonge de cinq kilomètres et de ce temps de chien, pas question!  Je vais essayer de négocier l’autorisation de passer, auprès des ouvriers présents à l’entrée du chantier. L'accord, m'est donné, mais à la condition sine qua non de  passer sur la berne de gauche et de faire attention aux engins manœuvrant sur le chantier : Une galère de cinq cent mètres, un équilibre instable avec le poids du sac à dos et le chariot; marcher sur une bordure d’herbe de cinquante centimètres de large, légèrement inclinée côté fossé, bonjour les chevilles et le dos, mais on y arrive, non sans mal.

                   Je retrouve les trottoirs et la stabilité, au centre du bourg, ouf ! Passé, Mériadec, la route avec cette pluie et ce vent de côté, devient de plus en plus laborieuse, impossible de se réchauffer, c’est d'une monotonie, lancinante, tenaillante et voilà, cela devait arriver, je commence à ressentir de plus en plus une sensation de froid sur le torse et les cuisses, normal ! Avec cet accoutrement « Poncho et guêtres » en effet, la transpiration dû à l'effort amorce son œuvre,  mais j’ai échappé au pire, si j’avais gardé mon pantalon et veste de voile, cela aurait été les grandes eaux à l’intérieur, je n’ose pas  imaginer.

                   Le trajet jusqu’à Vannes, est devenu un véritable chemin de  croix, malgré une petite pause dans une petite chapelle au lieu-dit « Beléan » en bord de route, elle était ouverte, je profite de cet instant pour adresser, une petite prière pour que cesse ce déluge. Trois autres  pauses café, seront nécessaires, mais chacun de, ses arrêts, devient  de plus en plus douloureux, le froid me transperce le corps, mais, j’en ai besoin, moralement, l’idée d’abandonner me traverse l’esprit, afin de diminuer la gamberge et la sensation de  froid, j’opte de raccourcir ces pauses àImg 20140506 01009 cinq à six minutes maxi, juste le temps de me servir et boire mon café. J’arrive tant bien que mal à Vannes, dans une zone commerciale, mon arrivée, correspond à une accalmie, vraiment légère. Pour reprendre des forces et me réchauffer, au moins essayer,   je fais une entorse à mon budget, je décide  de m’ arrêter , dans un "Pizza paille"  que j’ aperçois pas très loin sur la zone, m’offrir un bon plat de résistance et bien chaud, ce sera : Des spaghettis bolognaise et un double expresso. Je prends tout mon temps pour manger mon plat, je bois doucement mon café, bien repus et revivifié, je quitte les lieux avec le moral qui  n’est plus dans les chaussettes mouillées, il est un peu remonté, on va dire juste au-dessus des genoux.

                   Je reprends ma route de Theix, je traverse Vannes, passage par la place Gambetta, sur le port, arrêt chez un fruitier, pour renflouer ma réserve de fruits frais, passage par la rue Alexandre Pontois, avec sur sa gauche une magnifique vue sur les jardins du château de l’Hermine, passage ensuite devant les jardins des Remparts. La pluie cesse maintenant, il était temps! c’est beaucoup mieux pour terminer l’étape, j’ai les pieds trempés : «  dans quels états je vais les trouver ce soir? ». Je sors de Vannes, je suis,  maintenant à quelques kilomètres du camping, le problème c’est un axe de circulation important. Trop de circulation, j’opte à ce moment-là, de prendre la route en parallèle, direction :’’ La Grenouillère ; St Laurent’’, je ne sais par quel malheureux hasard, je me retrouve sur la D779BIS, au niveau de St Léonard, je passe devant une p’tite chapelle portant le même nom que le lieu en bord route , frôlée à longueur de journée par un flot discontinu de voitures et camions, j’ai mal pour elle!  Encore le progrès ! Je me retourne vers elle : « Quel gâchis! »

Je m’éloigne, je longe cette D779 bis sur sept huit, neuf cent mètres, jusqu’ au rond-point, là pas question de continuer, je re-bifurque à droite : ‘’  rue Charcot’’, passage derrière une zone commerciale : Quelle horreur une zone commerciale, j’ai toujours trouvé cela horrible, il n’ y pas d’ âme, c’est froid, un vrai « no man’s land écologique », je me presse afin de ne pas m’imposer cette vision trop longtemps, de là je rejoins le camping de ‘’Rhuys’’. Un chouette camping, bien au calme, un cadre superbe, pas de bruit de circulation, situé à trois-quatre kilomètres du golfe du Morbihan, le contraste est saisissant, avec la vision de toute à l’heure ! Ce sera très bien pour ce soir. Superbe accueil, chaleureux et amical de la personne de la réception  qui est aussi la propriétaire des lieux, je l’apprendrai plus tard dans la soirée et qui aussi, c’est moi qui le dit : Le sosie parfait de V. Bonneton.

                   Je prends possession de mon emplacement. Je monte ma tente sous un ciel menaçant et très chargé, un vent d’ouest, venant de l’océan, pas bon signe du tout! Maintenant, avec l’expérience acquise, en cinq minute tout est terminé tente, rangement chariot, sac de couchage, je suis un vrai ‘’pro’’, maintenant ! Je fais un échange complet de tenue, j'ôte mes chaussures de marche, ainsi que mes chaussettes, encore très humides, j’ai les pieds tout flétris par l’humidité, je vérifie l’état de ceux-ci. Constat pied droit : Ampoule, une belle ampoule au talon. Même pas mal! Je m’essuie les pieds, je les laisse un peu se dégonfler à l’air,  à l’extérieur de la tente, le froid est bon pour les pieds, cela accélère la circulation du sang. Je sors la trousse de soin pour soigner ce petit incident de route. Plusieurs avis divergent sur le sujet: Percer ou ne pas percer, il parait que percer, peut amener l’infection ; Mettre ou ne pas mettre de l’éosine, mettre de l’éosine, cela assèche et creuse la plaie. Moi, j’applique la combinaison des deux méthodes, plus la pose d’une compresse ‘’ Comped ‘’, pas de problèmes majeurs rencontrés par la suite, je termine les soins, par un massage avec de la crème « Nok », comme tous les soirs. Je mets mes sandales, sans chaussettes pour laisser les pieds respirer et je rejoins la salle de restaurant située derrière l’accueil  prendre ma  mousse quotidienne : Vous allez me dire, pour tous ceux qui m’ont suivi depuis le début « Qu’est-ce qu’il picole le Jojo!, je ferais remarquer, et croyez un ancien marathonien et coureur de 100kms, c’est l’expérience qui parle: La bière contient du houblon et que le houblon n’est pas que bon pour les cheveux, la preuve : L'eau est présente à 80/90% et  permet la réhydratation ; le malt essentiellement l'orge ou parfois du froment ou de l'avoine constituant les fibres qui permettent de réguler la digestion intestinal et de digérer plus facilement ;  les sucres qui permettront de refaire les réserves énergétiques ; bien sur le houblon qui est une plante diurétique, tonique, anaphrodisiaque qui permet d'éliminer les toxines. Voilà,  magistral, mais consommer avec modération, il faut repartir le lendemain. Je demande à la patronne la météo de la soirée: Pluie, ainsi que demain matin, mais moins soutenue avec de larges éclaircies. Bien, merci, Je me pose un p’tit moment, je rempli mon carnet de route, je commande une portion de frite et une pizza au camion de passage au camping aujourd'hui. Ok pour 19h30 En attendant, je vais prendre une douche bienfaitrice.

           De retour à 19h45, la pizza et les frites sont prêtes, je reprends une bière pour accompagner mon festin, je ne dîne pas seul ce soir, la patronne et le patron m' accompagnent. Bien belle soirée: 21h30, extinction  des feux.

 

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