Préparation Partie 2

Préparation: Fevrier; Mars; Avril

 

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        Maintenant que j’ai tout mon matos, je pouvais passer, à la phase affinage « Hum cela sent bon le Pont l’Evêque », de ma préparation: Sac à dos en configuration Saint-Jacques (18kg), idem pour les sorties autour de 30kms (étape : Savenay-Couëron : 31kms). C’est là que mes ennuis de dos se sont réveillés, j’avais quelques douleurs dorsales, auparavant, je n’y ai pas prêté plus d’attention, mais là, aujourd’hui,  les douleurs sont au-delà du seuil du supportable, malgré les mouvements de gym et les séances d’assouplissement, effectués régulièrement, pendant les marches d’entrainement et après : c’est systématique chez moi, l’habitude du marathonien ! Ce mardi 25 mars, au lever du corps, des douleurs  phénoménales, aux cervicales et aux lombaires, un véritable calvaire, pour m’extraire du lit.

        Stop ! plus d’entrainement, plus de bêtises, on arrête les frais. On reprendra  plus tard et autrement, dans combien de temps, je ne sais pas le dire, j’ai encore un mois, une petite marge, rien de compromettant encore: Il me faut trouver une solution à mon problème, c’est  impossible de continuer ; mais point question d’abandonner ce projet, je me suis engagé financièrement : 1600euros et aussi moralement, à moi-même et auprès de certaines connaissances de Pont l’Evêque, qui me soutiennent et  m’encouragent dans ce projet. Non! je me dois de continuer, je suis trop impliqué.  Il doit  bien y avoir une issue heureuse. Je vais en trouver une de solution!  Je ne suis pas cuit !  Pas moi quand même !  Ma priorité de cette fin semaine, à un mois de la date fatidique, c’est  de trouver le remède miracle, le truc génial!  La potion magique en somme!  Je reprends donc mon clavier d’ordinateur entre les mains,  direction le net, il y a bien quelqu’un qui va me la donner cette la solution.

        Cela, n’a pas mis longtemps, deux jours et une nuit, plus loin et quelques dizaines de sites visités, sur  St Jacques, le vendredi soir,  je tombe sur un site, relatant l’aventure de "Gonzague vers Compostelle", avec un chariot  attelé, de fabrication française «  Mottez », http://www.ultreia-randonnee.com / - le nom du site. Le doute sur la qualité, me fais réfléchir un peu : 199euros, à ce prix-là, la qualité et la robustesse ne doivent pas être au rendez-vous ; ce n’est pas possible! Tiendra- t-il, sur une si longue distance? Sur des terrains aussi variés que le sable, la boue, les cailloux, la terre ; j'ai des doutes ! Je continue donc mes recherches, il doit y en avoir d'autres des  fabricants de chariot. Je reprends mes consultations, voir d’autres concepteurs, cités, ici et là. Ouille! Ouille! Ouille! Cela fait mal au budget, les prix constatés sont déments, pour preuve: Wheelie (Néerlandais) =500euros, la palme revenant à Carrix (Suisse)=790 euros, mon chariot Mottez, fait office de Dacia à côté de ces Rolls, cela refroidit sérieusement mes ardeurs d’achats, déjà après avoir investi aux alentours de : 1600 euros dans ce projet, il est hors de question d’en remettre, cinq à sept cents de plus. Il me reste, une autre solution non étudiée et à moindre coût : Fabriquer  mon chariot, pourquoi pas? Je suis un bon bricoleur. Aller, on repart sur le net, re-survol de quelques sites dédiés, après quelques heures passées en recherche, tout se complique, dans ma tête. Je constate que  la fabrication d' un chariot digne de ce nom ; robuste et fiable, comprend, selon les diverses expériences relevées : L' étude, une semaine ; la recherche du matériel, une semaine( quand tout est disponible) ; la  fabrication, idem ; les essais derrières , généralement, cela ne fonctionne pas du premier coup (ça se saurait) une semaine mini ( sans refonte, si problème de conception), ce qui fait au minimum : quatre semaines, autant dire, qu’ à ce stade avancé du projet, à un mois du départ, c’est cuit! Je n’ai donc plus le choix, il faut se résigner (si je veux vraiment partir) à l’achat du chariot. Le gagnant est : Le chariot Mottez, la première option, le chariot français, à 199 euros. On verra bien. On y va pour un plus 199 euros à mon budget.

         Deux jours chrono après ma commande, le chariot arrive à mon domicile au matin du mardi, aussitôt assemblé et aussitôt testé, sur le parcours du jour :                         Trente kilomètres, avec au menu cinq côtes : Saint Hymer, Le Mesnil sur Blangy, Les Authieux sur Calonne, Saint Benoît et pour finir la cote de l’enfer à Surville.  Mes douleurs dorsales et lombaires, après  les trois jours de repos forcés et les quelques séances assouplissements et étirements, se sont estompées, n'ont pas complètement disparues (cela aurait été trop beau!), mais cela ne m'empêche pas ce matin, de reprendre la route, avec ma nouvelle monture, je suis trop impatient, comme un gosse découvrant son nouveau jouet. 

         Il est dix heure, le temps est de la partie, un ciel bleu azur, un soleil printanier, l'air ambiant est frais, propice à l’effort, c'est ce type temps que j'affectionne particulièrement, le parcours choisi est  vraiment magnifique. Après deux pauses et les cinq côtes plus loin,  me voici de retour au bercail : Huit heures  trente plus tard. Bien fatigué, même lessivé, mais sans plus, normal, après  une telle sortie et  les trois jours de repos imposés. Le bilan est sans appel, époustouflant, radical, le remède miracle tant attendu est là devant ou plutôt derrière moi !  Le chariot : Le dos, les cervicales et les épaules, aucunes douleurs ressenties, vraiment bluffant, au moins pour la première sortie.

        Je réitère l’expérience, pour confirmation et validation, sur le même parcours, le jeudi suivant et  puis pourquoi pas! le dimanche, soit trois sorties en six jours, même constat, plus  aucunes douleurs et moins fatigué, au fil des sorties. Je m 'attendais au bruit de roulement: Aucun bruit constaté ; le poids du chariot  avec le sac (25kg),en côte: Très peu pénalisant avec l' aide des bâtons de marche, l 'effort de traction est moindre, que le poids du sac de 18kg sur le dos ; La position du dos est aussi améliorée, plus besoin de  courber l' échine pour palier à l 'inclinaison la pente, le dos reste droit. Voilà, le chariot est validé, je vais pouvoir poursuivre et terminer mon entrainement, il sera donc du voyage.   

        Jusqu’ au départ, je maintins ce rythme de trois entrainements la semaine, jusqu’ au jeudi 24/04. 

                                   Samedi 26 : La veille du départ arriva très vite, le stress, avec, le fait de quitter la maison et toute ma famille, me rendit triste, je traînai ma mélancolie toute la journée. Je passai donc la journée de samedi à tout vérifier, revérifier le paquetage  qui était prêt depuis le jeudi, dernier jour d’entrainement, mais cela m’occupa, le chariot, le sac à dos, tout y est  passé au moins trois à quatre fois. Dernier dîner en famille, pas très animé, nous n’avons que très peu abordé le sujet, de peur de le rendre encore plus triste, en y repensant. Je suis allé me coucher comme d’ habitude. Mais, la nuit passa en pointillés. 

          Dimanche matin 27: Jour du départ pour le Mont, sous un ciel gris, c’est quasiment  toujours, comme cela, le jour des adieux. 11h00 : Mise des bagages dans le coffre, un gros bisou à ma femme, qui a refusé de m’accompagner, sous prétexte, de garder les chiens, mais je voyais bien toute sa tristesse, un bisou à mes chiens et à ma maison. « Peut –être à dans deux mois ! » dis-je inconsciemment, dans ma tête. Je pris le volant de l’aller, sans retour pour moi, un dernier signe de la main, sans me retourner, voilà, j’ai un pied sur le chemin.

         

 

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